De la 6ᵉ à la 3ᵉ : comment j'utilise pleinement les fonctions avancées de la calculatrice
Comment aider les élèves à raisonner en dépassant les calculs parfois complexes et nombreux ? Sylvain Etienne, enseignant au collège et membre du réseau T³ France*,
a trouvé une partie de la réponse dans les fonctions avancées de la calculatrice scientifique. Dans cette interview, il partage son expérience construite aussi autour de son usage de l’écosystème Texas Instruments, classe par classe, de la 6ᵉ à la 3ᵉ, et les ressources qu’il a contribué à développer pour ses élèves d’une part et pour accompagner ses collègues d’autre part.
* Le réseau T³ France (Teachers Teaching with Technology) est un réseau d’enseignants qui partagent des pratiques pédagogiques autour des outils numériques.
Comment les élèves découvrent-ils le raisonnement mathématique en 6ᵉ ?
En 6ᵉ, les élèves découvrent les bases du raisonnement : comprendre un problème arithmétique, tester des hypothèses, vérifier un résultat. L’usage calculatrice devient alors un outil d’exploration et de délestage.
Ils vont pouvoir résoudre un même problème de la division décimale puis euclidienne, explorer les priorités opératoires, voir les différents résultats et ce qu’ils signifient. L’usage de la calculatrice leur permet de créer des conjectures, de poser un raisonnement et de le vérifier sans perdre de vue le problème de base.
En 6ᵉ, la calculatrice est vraiment un outil qui permet de libérer du temps cognitif pour se concentrer sur la compréhension et la démarche.
En quoi la 5ᵉ transforme-t-elle la façon de résoudre les problèmes ?
En 5ᵉ, les problèmes se complexifient, nous travaillons des cas issus de la vie réelle.
Les calculs ne “tombent plus juste” : l’élève doit apprendre à modéliser une situation avant de calculer.
Dans le raisonnement, le calcul à la main est un frein, une surcharge cognitive. La calculatrice peut donc être un outil d’appui au raisonnement pour gérer des calculs plus complexes, se doter de représentation des fractions.
Je vais aussi l’utiliser pour que les élèves développent une meilleure vision des avis différents en classe. On travaille la prise d’initiative et l’autonomie. Ce n’est plus le professeur qui valide le résultat, je suis là en cas d’erreur.
Ainsi je centre mon accompagnement sur le raisonnement, pour développer d’autres compétences à certains moments et bien sûr, je conserve le calcul à la main à d’autres moments.
En quoi l’utilisation de la calculatrice aide-t-elle à construire le raisonnement en 4ᵉ ?
En 4ᵉ, les élèves abordent des notions plus abstraites : le calcul fractionnaire, les puissances avec la notation scientifique, etc. La calculatrice scientifique permet d’explorer, conjecturer des propriétés, puis d’automatiser les calculs complexes.
Et certains calculs dépassent les capacités de la calculatrice et c’est très bien car il faut raisonner pour dépasser ces limites. Cela permet de se dire qu’une calculatrice n’a pas toujours raison. L’outil me permet de développer l’esprit critique des élèves.
En classe, pour montrer une démarche et construire une démonstration avec les élèves, la projection de la calculatrice via TI‑SmartView™ CE est un vrai appui.
Comment les élèves consolident-ils analyse et représentation en 3ᵉ ?
En 3ᵉ, j’utilise la calculatrice scientifique comme un véritable levier pour préparer le brevet. Elle permet à la fois de générer de l’aléatoire (par exemple via des simulations de dés) et de travailler les statistiques, tout en facilitant les calculs liés aux fonctions (images, antécédents, tableaux de valeurs).
En automatisant ces étapes parfois longues — comme la construction d’un tableau ou d’une représentation graphique — elle me fait gagner un temps précieux en classe, et mes élèves peuvent se concentrer sur l’essentiel : analyser, représenter et interpréter les résultats. Cet outil favorise ainsi la compréhension des notions clés (échelle, abscisse, ordonnée), développe l’autonomie des élèves et les prépare plus efficacement aux attendus du brevet.
Une maîtrise des options avancées de la calculatrice scientifique TI‑Collège™ Plus Solaire permet d’explorer de nombreux concepts mathématiques en faisant des tests. C’est pourquoi j’ai développé toute une playlist de tutos pour découvrir les principales fonctionnalités de TI‑Collège™ Plus Solaire et co‑développé avec Jean‑Baptiste un livret.
Bon à savoir : téléchargez une ressource pour chaque concept mathématique abordé dans cette newsletter dans le livret d’activités et de scénarios pédagogiques pour le collège.
Et avec l’arrivée de l’IA, comment faire évoluer l’usage des outils ?
Aujourd’hui, quasiment tous les élèves utilisent l’IA en 3ᵉ et déjà beaucoup en 3ᵉ... Il y a des questions à se poser pour l’utiliser à bon escient.
Concernant la calculatrice scientifique, il est très important pour moi de préciser qu’il ne faut pas externaliser l’usage de la calculatrice. Le professeur a la charge d’accompagner les élèves sur l’utilisation raisonnée de la calculatrice. Et la maîtrise de ses options avancées est la meilleure manière d’utiliser l’outil. En ce sens, le préambule du B.O. du cycle 4 me paraît plutôt bien orienté : « Un usage raisonné de la calculatrice ».